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Un chien apeuré à cause de l'orage dehors.

Chien qui a peur de l’orage : que faire pour le calmer ?

Fév 12, 2025

Pour calmer un chien qui a peur de l’orage, commencez par le laisser rejoindre l’endroit où il se sent le plus en sécurité, fermez les fenêtres et les rideaux, atténuez les bruits, restez disponible et ne le forcez à rien. Vous pouvez le rassurer s’il recherche votre contact. S’il panique au point de se blesser, tente de fuir ou ne récupère pas après l’orage, contactez votre vétérinaire.

Voir son chien trembler au premier grondement, gratter une porte ou se glisser derrière les toilettes est franchement éprouvant. On ferme les volets, on parle doucement, on tente une friandise… et parfois rien ne semble passer. Si vous avez déjà eu l’impression d’être inutile face à sa peur, cela ne veut pas dire que vous vous y prenez mal. Pendant une vraie crise, le premier objectif n’est pas de « guérir » le chien en une soirée : c’est de lui rendre l’épisode plus supportable et d’éviter qu’il se mette en danger.

Votre chien a peur de l’orage maintenant ? Les 6 gestes utiles

  1. Rentrez votre chien et sécurisez portes, fenêtres, jardin et balcon.
  2. Laissez-le choisir son refuge, même s’il préfère se glisser sous un lit ou dans la salle de bains.
  3. Réduisez ce qui peut l’être : volets, rideaux, fenêtres fermées, télévision ou bruit de fond modéré.
  4. Restez calme et disponible. Caressez-le s’il le demande ; laissez-lui de l’espace s’il préfère s’isoler.
  5. Proposez, sans insister, une activité qu’il aime : friandises, léchage, recherche au sol ou mastication supervisée.
  6. Appelez le vétérinaire si la peur est intense, s’aggrave ou met votre chien en danger.

La peur de l’orage n’est ni un caprice ni un manque d’obéissance. Et vous êtes loin d’être seul à vivre cela : dans une étude portant sur 13 715 chiens, 32 % présentaient une forte sensibilité à au moins un bruit.[1] Un orage est même plus complexe qu’un simple « gros bruit » : le tonnerre, la pluie, les vibrations, les éclairs et les signes qui précèdent la tempête peuvent tous entrer dans l’équation.

Pourquoi les chiens ont-ils peur de l’orage et du tonnerre ?

Il n’existe probablement pas une cause unique. Deux chiens vivant dans la même maison peuvent réagir de façon totalement différente au même orage. La sensibilité individuelle résulte d’un mélange de prédispositions, d’expériences, d’apprentissages et de contexte.

Pourquoi le chien peut-il sentir l’orage avant nous ?

Un feu d’artifice produit surtout des détonations et des éclairs soudains. Un orage ajoute d’autres signaux : vent, pluie sur les vitres ou le toit, changements de luminosité, vibrations et parfois modifications atmosphériques perceptibles avant que l’humain n’entende le premier grondement. C’est pour cela qu’un enregistrement audio peut être utile à l’entraînement sans reproduire toute l’expérience d’un vrai orage.[2]

Avec le temps, le chien peut apprendre que certains signes annoncent le tonnerre. Il commence alors à s’inquiéter quand le ciel s’assombrit, quand le vent se lève ou dès les premières gouttes. Ce n’est pas qu’il « prévoit la météo par magie » : il peut simplement repérer des indices que nous remarquons moins vite.

Certaines races de chiens ont-elles davantage peur de l’orage ?

Il existe bien des différences statistiques entre races face aux bruits, ce qui suggère une part héréditaire.[1] Mais ces chiffres ne racontent pas l’histoire du chien qui vit dans votre salon. Un individu d’une race réputée sensible peut dormir pendant l’orage, tandis qu’un autre, sans prédisposition évidente, cherchera une issue au premier coup de tonnerre.

À retenir : la race peut modifier un risque à l’échelle d’une population. Elle ne condamne pas un chien à avoir peur et ne remplace jamais l’observation de l’individu.

Manque d’habituation et mauvaise expérience : deux facteurs possibles

Des expériences précoces variées et positives semblent réduire le risque de certaines peurs, notamment celles liées aux bruits.[3] Cela ne donne pas le droit de culpabiliser les propriétaires. Une peur peut apparaître malgré un excellent départ, après un orage particulièrement violent ou sans événement clairement identifiable. Parfois, il n’y a tout simplement pas de faute à trouver.

La peur peut également se généraliser. Un chien effrayé par un coup de tonnerre très proche peut ensuite réagir à la pluie, aux pétards, à une portière qui claque ou à d’autres sons ressemblants. Plus les épisodes de panique se répètent sans prise en charge, plus le problème risque de s’installer.

L’électricité statique explique-t-elle la peur de l’orage chez le chien ?

L’idée selon laquelle le pelage se chargerait d’électricité statique et provoquerait des décharges désagréables est souvent présentée comme une certitude. À ce jour, elle reste une hypothèse. Une petite étude a comparé une cape dite antistatique à une cape placebo chez 23 chiens. Les propriétaires ont rapporté une amélioration avec les deux capes, sans différence statistiquement significative entre elles.[4] Cela ne démontre donc pas que l’électricité statique cause la peur de l’orage.

Un vêtement ajusté peut convenir à certains chiens s’ils ont été habitués à le porter et semblent réellement plus à l’aise. Mais ce n’est ni une preuve de la théorie électrique ni une solution universelle.

Peur de l’orage chez le chien : quels signes reconnaître ?

Tous les chiens ne tremblent pas. Certains deviennent très collants, d’autres disparaissent dans une pièce, d’autres encore s’agitent ou tentent de fuir. Observez les changements par rapport à son comportement habituel.

Niveau observé Signes possibles Réponse utile
Inquiétude légère Oreilles en arrière, vigilance, sursauts, recherche de proximité, difficulté à se poser Réduire les stimuli, ouvrir l’accès au refuge, proposer une activité appréciée
Peur marquée Tremblements, halètement, salivation, déplacements incessants, queue basse, refus de manger, besoin de se cacher Rester disponible, ne rien imposer, sécuriser l’environnement et préparer une consultation si cela se répète
Panique Tentative de fuite, destruction des issues, blessures, vocalises intenses, perte de contrôle, récupération très lente Priorité à la sécurité et avis vétérinaire rapide pour établir un véritable plan de prise en charge

Un chien qui se cache ne « fait pas son cinéma ». Se mettre à l’abri est une stratégie qui peut réellement l’aider. Tant que l’endroit est sûr, il n’y a aucune raison de le tirer de force de sous le lit ou de l’obliger à rester au milieu du salon.

Chien qui a peur de l’orage : que faire pendant la crise ?

1. Sécuriser un chien qui panique pendant l’orage

Faites rentrer votre chien avant l’arrivée de l’orage si vous le pouvez. Vérifiez les portes, portails, fenêtres et clôtures : un chien paniqué peut franchir un obstacle qu’il n’avait jamais tenté de passer. Gardez ses coordonnées d’identification à jour et évitez la promenade au plus fort de l’épisode.

Ne l’enfermez pas soudainement dans une cage s’il n’y entre pas volontairement ou s’il essaie d’en sortir. Un chien en panique peut se blesser aux dents, aux griffes ou aux pattes en luttant contre une porte. S’il aime déjà dormir dans une caisse laissée ouverte, elle peut en revanche faire partie de ses refuges possibles.

2. Créer un refuge pour un chien qui a peur du tonnerre

Préparez une pièce intérieure, un coin sombre ou son couchage habituel, mais observez surtout ce que lui choisit. Fermez les rideaux ou les volets pour diminuer les éclairs. Un ventilateur, la télévision ou un bruit de fond régulier peut atténuer les grondements, à volume raisonnable.

Le mauvais réflexe : déloger un chien caché parce que son refuge vous semble inconfortable. S’il n’y a ni câble électrique, ni risque d’écrasement, ni objet dangereux, laissez-le tranquille.

3. Friandises, léchage et mastication pendant l’orage

Si votre chien accepte encore de manger, vous pouvez disperser quelques petites récompenses près de lui, lui proposer un jeu de recherche très facile ou une activité familière. Associer le bruit à quelque chose d’agréable correspond à du contre-conditionnement, une approche soutenue par la littérature sur les peurs liées aux bruits.[2]

Selon ses préférences, vous pouvez utiliser de petites friandises de récompense, un tapis de léchage déjà connu ou une friandise de mastication naturelle adaptée à son gabarit.

La position EpiCanin, sans promesse magique :

Lécher ou mastiquer peut occuper un chien qui en a envie et fournir un support pratique au contre-conditionnement. Ce n’est pas un traitement de la phobie. S’il refuse, se détourne ou n’arrive plus à prendre la nourriture, n’insistez pas. Et pendant un orage, toute mastication doit rester surveillée : un chien très agité peut avaler plus vite qu’à son habitude.

4. Ne jamais punir un chien qui a peur

Ce n’est pas le moment de demander un « pas bouger », de corriger les aboiements ou de lui reprocher un pipi de peur. Une punition peut inhiber certains signaux visibles sans rendre le chien moins effrayé. Pendant l’orage, votre objectif n’est pas une belle performance d’obéissance : c’est de réduire la détresse et d’éviter un accident.

Faut-il rassurer ou ignorer son chien pendant la crise ?

Oui. Vous n’avez pas à ignorer un chien paniqué sous prétexte que votre présence « renforcerait sa peur ». S’il vient se coller contre vous, vous pouvez lui parler doucement, vous asseoir près de lui ou le caresser de la façon qu’il apprécie. Les recommandations de services universitaires de médecine comportementale insistent sur le fait qu’ignorer systématiquement un chien apeuré le prive d’un soutien qui peut l’aider.[5]

Rassurer ne signifie pas le saisir, le serrer de force ou s’agiter autour de lui. Le bon soutien dépend du chien : l’un cherchera le contact physique, l’autre voudra seulement savoir que vous êtes dans la pièce, un troisième préférera rester seul dans son refuge. Rassurez-le comme il aime l’être, pas comme vous aimeriez l’être à sa place.

Le mythe à laisser tomber : une émotion de peur n’est pas une ruse destinée à obtenir des caresses. Votre calme ne rend pas le tonnerre plus effrayant. En revanche, crier, punir ou forcer l’exposition peut ajouter de la peur à la peur.

Anticiper le prochain orage : comment préparer son chien ?

La gestion fonctionne mieux quand elle commence avant le premier coup de tonnerre. Le soir de la tempête n’est pas le meilleur moment pour découvrir que votre chien veut absolument se réfugier dans la salle de bains, tandis que son tapis et ses friandises sont restés à l’autre bout de la maison. Si la météo annonce un orage :

  • faites la promenade et le pipi suffisamment tôt, sans chercher à épuiser votre chien ;
  • rentrez-le avant que le ciel ne se dégrade et gardez-le en laisse si une sortie devient nécessaire ;
  • ouvrez l’accès à son refuge, fermez les volets et préparez le bruit de fond ;
  • sortez à l’avance ce dont vous pourriez avoir besoin : couchage, eau, tapis, jouet ou friandises ;
  • si un traitement a été prescrit, suivez exactement le moment et la dose indiqués par le vétérinaire ;
  • notez après l’épisode ce qui a aidé, ce qui n’a rien changé et le temps nécessaire pour récupérer.

Éviter une panique prévisible n’est pas « céder » à son chien. C’est protéger son bien-être et empêcher que la peur ne soit répétée à pleine intensité. Nous développons cette logique dans notre article Pourquoi éviter un problème peut aider à le résoudre.

Comment désensibiliser un chien au bruit de l’orage ?

Derrière les mots un peu techniques, l’idée est assez simple. La désensibilisation consiste à présenter le déclencheur si doucement que le chien reste à l’aise, puis à avancer par toutes petites étapes. Le contre-conditionnement ajoute quelque chose qu’il apprécie afin de construire une nouvelle association. Les deux approches sont souvent combinées pour les peurs liées aux bruits.[2]

Protocole de désensibilisation au bruit du tonnerre

  1. Travaillez hors orage, un jour où votre chien est détendu et où vous pouvez arrêter immédiatement.
  2. Choisissez un son réaliste et commencez à un volume presque imperceptible.
  3. Observez le corps du chien : respiration, oreilles, posture, prise de nourriture, capacité à se déplacer normalement.
  4. Associez le son à une expérience appréciée : petites friandises, jeu calme, recherche ou mastication s’il la choisit.
  5. Faites des séances courtes et terminez tant que tout va bien.
  6. N’augmentez le volume que lorsque le niveau actuel est réellement facile. Au moindre signe de tension, revenez à une étape plus simple.

La partie frustrante est aussi la plus importante : aller lentement. Tant que le chien reste détendu, on peut progresser. Dès qu’il se tend ou se désengage, on simplifie.[6] Revenir en arrière n’est pas rater une séance : c’est avoir correctement lu son chien.

Important : si votre chien sursaute, halète, arrête de manger, cherche à fuir ou se fige, le son est déjà trop fort. Ce n’est plus de la désensibilisation. Baissez immédiatement le volume ou arrêtez la séance.

Pourquoi les enregistrements d’orage ne suffisent pas toujours

Un haut-parleur reproduit le bruit, mais pas nécessairement les vibrations, les éclairs, la pluie ni les signaux annonciateurs de l’orage. Certains chiens réagissent aux enregistrements, d’autres font parfaitement la différence. Le protocole peut donc aider sans garantir qu’un vrai orage deviendra anodin.

Pour une peur légère, vous pouvez être guidé par un bon professionnel travaillant en méthodes positives. Pour une peur intense, ancienne ou généralisée, mieux vaut coordonner le travail avec le vétérinaire. Notre guide explique comment choisir un éducateur canin sans tomber sur quelqu’un qui propose de « mettre le chien face à sa peur jusqu’à ce qu’il s’y fasse ».

Désensibilisation ou immersion : comment reconnaître la différence ?

La désensibilisation reste sous le seuil de peur. L’immersion, ou flooding, expose au contraire le chien à une intensité qui déclenche la peur sans lui permettre de s’éloigner. Un chien qui finit par ne plus bouger n’est pas forcément rassuré : il peut être sidéré, épuisé ou inhibé.

Chez EpiCanin, notre position est claire : nous ne recommandons pas de pousser un chien dans la panique pour lui apprendre que « ça ne sert à rien d’avoir peur ». C’est brutal, inutilement risqué et contraire à l’éducation positive.

Témoignage : « Nous avons rendu les orages gérables pour Oslo »

Cas pratique reconstitué

« La première année, Oslo commençait à tourner dans la maison avant même que j’entende le tonnerre. Ensuite, tout s’enchaînait : il haletait, griffait la porte de la salle de bains, refusait de manger et essayait de se faufiler dehors dès qu’une porte s’ouvrait. J’avais tenté de “l’habituer” avec un enregistrement lancé assez fort. Il était parti se cacher. J’ai vite compris qu’il n’apprenait rien, à part que le bruit pouvait aussi surgir un mardi après-midi dans notre salon.

Le vrai changement n’est pas venu d’une astuce spectaculaire. J’ai commencé par organiser les soirs d’orage : alerte météo sur le téléphone, balade et pipi plus tôt, volets fermés et portes sécurisées. J’ai aussi arrêté de vouloir lui imposer le joli coin refuge que j’avais préparé dans le salon. Oslo préférait la salle de bains. J’y ai installé un tapis antidérapant, son vieux plaid et une gamelle d’eau. J’ai placé un ventilateur dans le couloir pour créer un bruit régulier. Ce n’était pas très Instagram, mais il s’y posait beaucoup mieux.

Entre deux orages, j’ai repris les enregistrements, cette fois presque inaudibles. Deux ou trois minutes, quelques récompenses, puis on passait à autre chose. S’il levait la tête ou cessait de manger, je baissais le volume. Certains jours, nous ne faisions rien. D’autres, une recherche de friandises ou une mastication familière l’aidait à rester détendu. J’ai surtout cessé de vouloir “monter d’un niveau” à chaque séance. J’avais une méthode, puis j’ai un peu bidouillé autour de ce qu’Oslo me montrait.

La saison suivante, il repérait toujours l’orage. Mais au lieu de gratter frénétiquement la porte, il rejoignait sa salle de bains et acceptait parfois de manger. Après plusieurs mois, il pouvait rester couché pendant une bonne partie de l’épisode si je restais à proximité. Je ne lui ai pas appris à aimer le tonnerre : j’ai pratiquement fait disparaître sa panique. Il récupérait plus vite et nous ne vivions plus chaque orage comme une urgence. »

— Marie et Oslo
Récit pédagogique reconstitué à partir de situations couramment rencontrées ; il ne s’agit pas d’un avis client EpiCanin.

Cette histoire illustre une réussite réaliste. « Venir à bout » de la peur ne veut pas forcément dire que le chien ne lèvera plus jamais une oreille. Cela peut vouloir dire qu’il sait où se mettre, qu’il garde la capacité de manger ou de se reposer et qu’il retrouve rapidement son état normal. Pour un autre chien, surtout si la panique est sévère, le même chemin nécessitera l’aide du vétérinaire et éventuellement un traitement. Le plan doit s’adapter au chien, pas l’inverse.

Comment éviter la peur de l’orage chez le chiot ?

On peut réduire le risque, jamais promettre une immunité. Une exposition précoce, progressive et positive à des sons variés peut faire partie d’une bonne socialisation. Une enquête consacrée aux feux d’artifice a notamment trouvé une association entre entraînement préventif et moindre probabilité de peur ultérieure.[7]

Le principe reste exactement le même : volume bas, possibilité de s’éloigner, activité agréable et aucune réaction de peur recherchée. Vous pouvez faire découvrir à votre chiot des bruits domestiques, urbains, de pluie ou de tonnerre enregistré, mais vous n’avez pas besoin de transformer sa journée en festival sonore. Quelques expériences de qualité valent mieux qu’une exposition permanente.

Cette prévention s’intègre dans un ensemble bien plus large : sécurité, relation, propreté, sommeil, suivi naturel et découverte progressive du monde. Retrouvez tous ces repères dans notre guide Comment bien accueillir un chiot.

Chien terrorisé par l’orage : quand consulter un vétérinaire ?

N’attendez pas nécessairement la blessure ou la destruction d’une porte. Une consultation est pertinente si votre chien :

  • tente de fuir ou risque de se blesser ;
  • reste en détresse longtemps après la fin de l’orage ;
  • refuse de sortir, de manger ou de dormir autour des épisodes orageux ;
  • réagit désormais à de plus en plus de bruits ;
  • voit sa peur s’aggraver d’une année à l’autre ;
  • développe soudainement cette peur alors qu’il ne l’avait jamais manifestée, surtout s’il est âgé ou semble douloureux ;
  • ne peut pas progresser avec une gestion douce et un travail sous le seuil.

Un vétérinaire peut rechercher une douleur ou un problème médical susceptible d’abaisser le seuil de tolérance, évaluer la gravité et proposer une stratégie adaptée. Pour certains chiens, une médication anxiolytique fait partie d’une prise en charge sérieuse ; son intérêt n’est pas de rendre le chien absent, mais de ramener la peur à un niveau où il peut enfin souffler et apprendre. Des traitements ont montré une efficacité dans des essais contrôlés sur les peurs liées aux bruits ou aux orages.[8]

Un médicament bien choisi n’est pas un échec éducatif. Il peut diminuer une détresse trop forte pour que le chien puisse apprendre. Le choix de la molécule, la dose, le moment d’administration et les contre-indications relèvent exclusivement du vétérinaire. Ne donnez jamais un médicament humain ou le traitement d’un autre animal.

Idéalement, le plan se prépare avant la saison des orages ou avant un événement prévisible. Attendre que le chien soit au sommet de la panique complique souvent la gestion. Les recommandations vétérinaires distinguent d’ailleurs la protection à court terme pendant les événements et le travail comportemental à plus long terme.[2]

Les erreurs qui peuvent aggraver la peur du tonnerre

Le punir

Un chien n’arrête pas d’avoir peur parce qu’on lui reproche de trembler, d’aboyer ou de chercher une issue.

Le forcer à « affronter »

Le maintenir dehors ou monter brutalement le volume d’un enregistrement risque de sensibiliser davantage.

Le déloger de sa cachette

S’il s’y sent mieux et que l’endroit est sûr, son refuge fait partie de la solution.

Attendre que « ça passe » chaque année

Une peur récurrente peut s’aggraver et se généraliser. Une prise en charge précoce est plus raisonnable.

Fleurs de Bach, homéopathie, huiles essentielles : attention aux diversions

Les fleurs de Bach et l’homéopathie ne disposent pas de preuves solides d’efficacité contre la peur de l’orage chez le chien. La revue scientifique de 2023 sur la prévention et le traitement des peurs liées aux bruits conclut que la plupart des produits alternatifs — dont homéopathie, fleurs de Bach, produits à base de plantes, phéromones ou nutraceutiques — ont peu de chances de suffire seuls face à une peur installée.[2]

Cela ne signifie pas que tout accessoire est inutile pour tout chien. Un vêtement ajusté, un diffuseur ou une musique peuvent parfois faire partie de l’environnement de confort. Mais si votre chien panique, ces produits ne doivent pas retarder une consultation ni remplacer un plan comportemental et vétérinaire. Quant aux huiles essentielles, « naturel » ne signifie pas automatiquement sans danger : ne les administrez ou ne les diffusez pas autour de votre chien sans avis compétent.

Chien, orage et feux d’artifice : mêmes peurs, mêmes solutions ?

Les deux peuvent déclencher une peur des bruits et beaucoup de mesures sont communes : rentrer le chien, sécuriser les issues, atténuer les sons et les flashes, proposer un refuge, rassurer, anticiper et demander l’aide du vétérinaire si nécessaire.

Mais un orage comporte davantage de signaux météorologiques et reste difficile à reproduire intégralement à l’entraînement. Les feux d’artifice sont souvent plus prévisibles dans le calendrier, ce qui permet d’organiser les sorties et un éventuel traitement à l’avance. Un chien peut avoir peur de l’un sans craindre l’autre : on ne colle pas une étiquette globale de « chien peureux ».

Questions fréquentes sur la peur de l’orage chez le chien

Pourquoi mon chien tremble-t-il pendant l’orage ?

Les tremblements font partie des signes possibles de peur et d’activation physiologique. Regardez l’ensemble du comportement : halètement, posture basse, recherche de refuge, salivation ou tentative de fuite. Si les tremblements sont intenses, nouveaux ou présents hors contexte d’orage, demandez un avis vétérinaire.

Faut-il laisser un chien se cacher sous le lit pendant un orage ?

Oui, si l’endroit ne présente aucun danger. Se cacher peut l’aider à se sentir plus en sécurité. Ne le tirez pas de force. Vous pouvez rester disponible à proximité et lui laisser le choix de sortir quand il est prêt.

Peut-on caresser un chien qui a peur du tonnerre ?

Oui, s’il recherche et apprécie les caresses. Votre soutien calme ne transforme pas sa peur en stratégie. Ne le retenez pas et respectez son choix s’il préfère s’isoler ou éviter le contact.

Comment habituer un chien au bruit de l’orage ?

Travaillez hors épisode orageux avec un enregistrement à volume extrêmement bas, associé à une activité appréciée. Augmentez très progressivement et seulement si le chien reste parfaitement à l’aise. Arrêtez ou revenez en arrière au premier signe de tension.

Pourquoi mon chien sent-il l’orage avant moi ?

Il peut repérer des indices comme le vent, la pluie, la luminosité, les vibrations ou d’autres changements associés aux orages précédents. On ne sait pas toujours quel signal précis déclenche sa réaction, et la théorie des décharges d’électricité statique n’est pas démontrée.

Existe-t-il un médicament pour un chien qui a peur de l’orage ?

Oui, un vétérinaire peut prescrire un traitement adapté lorsque la peur est importante. Le bon choix dépend du chien, de sa santé, de la prévisibilité des épisodes et du délai d’action nécessaire. Ne donnez jamais de médicament sans prescription vétérinaire.

Une friandise peut-elle vraiment calmer un chien pendant l’orage ?

Une friandise n’est pas un traitement de la phobie. Si le chien accepte de manger, elle peut soutenir le contre-conditionnement et l’aider à se concentrer sur une activité familière. S’il refuse ou reste paniqué, n’insistez pas et envisagez une prise en charge plus complète.

Ce qu’il faut retenir

Pendant l’orage, sécurisez, atténuez, laissez le chien choisir son refuge et rassurez-le s’il le demande. Entre deux épisodes, travaillez progressivement, toujours sous le seuil de peur. Une mastication, un tapis ou des friandises peuvent être des supports utiles si votre chien les accepte, mais une phobie sévère mérite un vrai plan avec le vétérinaire et, si besoin, un professionnel de l’éducation positive.

Sources scientifiques et vétérinaires

  1. Salonen M. et al. (2020). Prevalence, comorbidity, and breed differences in canine anxiety in 13,700 Finnish pet dogs. Scientific Reports, 10, 2962.
  2. Riemer S. (2023). Therapy and Prevention of Noise Fears in Dogs—A Review of the Current Evidence for Practitioners. Animals, 13(23), 3664.
  3. Hakanen E. et al. (2020). Active and social life is associated with lower non-social fearfulness in pet dogs. Scientific Reports, 10, 13774.
  4. Cottam N., Dodman N. H. (2009). Comparison of the effectiveness of a purported anti-static cape vs. a placebo cape in the treatment of canine thunderstorm phobia. Applied Animal Behaviour Science, 119(1–2), 78–84.
  5. University of Pennsylvania, Ryan Veterinary Hospital, Behavior Medicine. Fear of Thunderstorms and Fireworks.
  6. American Veterinary Society of Animal Behavior. Addressing Fear of Thunderstorms with Systematic Desensitization.
  7. Riemer S. (2019). Not a one-way road—Severity, progression and prevention of firework fears in dogs. PLOS ONE, 14(9), e0218150.
  8. Perdew I. et al. (2021). Evaluation of imepitoin for treatment of storm anxiety in dogs: a randomised, double-blind, placebo-controlled trial. Veterinary Record, 188(12), e18.

Cet article fournit des informations générales et ne remplace pas l’examen de votre chien ni les conseils personnalisés d’un vétérinaire.

Karim Haouara

Cofondateur d’EpiCanin · Diplômé en sciences agronomiques à l’ENILEA

Karim rédige des guides consacrés aux chiens à partir de publications scientifiques et de ressources vétérinaires ou institutionnelles reconnues. Ces contenus ont une vocation informative et ne remplacent pas l’avis d’un vétérinaire.

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